La fatigue et la tristesse ressenties par l’aidant face à la maladie sont des réalités difficiles à surmonter. Le quotidien d’une femme est souvent marqué par le défi de puiser dans ses réserves d’énergie pour affronter ces épreuves, tout en faisant preuve d’un courage exceptionnel lorsqu’elle décide d’exprimer ses émotions.
SAINT-ANDRE
Ai-je droit au bonheur ? Pas qu’un mot dans mon coeur. Belles années passées, Futures belles années ? Oui, si parfois le soir Ma vie est dans le noir, Je me dois de sourire Poursuivre mon avenir. Penser au jour suivant Me donne de l’élan
Ma vie n’est plus la même Depuis que je me démène Pour vivre comme avant Dans cet appartement. Je ne veux pas pleurer, Il me faut avancer… Oui, parfois, seule le soir, M’arrivent des idées noires, Chassées dans ma tête Par des images de fêtes.
Enfants, petits-enfants, Que les meilleurs moments. Enfin je peux dormir Avec mes souvenirs. Demain, je vais me lever Sans effacer le passé Mais en gardant en moi Ce qui me donne la joie.
Comment vivre une année Sans toi à mes côtés ? Je ne peux pas oublier Notre vie, notre passé. Même, si les peines, les joies Ont marqué notre voie. Ne pas se perdre de vue Nous avons toujours su. Pour que belle soit la vie Il faut en avoir envie :
Apprécier le temps, Les moments présents, La famille, les amis, Ce jour, quittés, partis. Enfants, petits-enfants Dans nos cœurs constamment, Notre soutien aujourd’hui, Ils nous rendent belle la vie. Oui, soyons heureux De ce que l’on veut.
Je ne me reconnais plus, Je crois que je suis perdue Nicole, où vas-tu ? Ou que cherches-tu ? Tu es avec tes amis Comme toujours tu souris. Tu peux ouvrir ton cœur Et c’est là ton bonheur. Mais, quand arrive le soir Que le ciel est plus noir.
Tu es seule, angoissée, Personne à qui confier Tes plus folles pensées Cause de ton anxiété. Alors, défile ta vie … Non elle n’est pas finie. Enfants et petits-enfants Dans ton cœur toujours présents, Tes nombreux amis Partagent tes soucis, Et pour eux tu dois chasser Tes plus tristes idées.
1er août 1964 – 1er août 2024
Mariés soixante années Soixante années partagées. Des temps de bonheur, Des jours de malheur. Toujours ensemble vécus Comme nous l’avons voulu. J’ai, tout juste,dix-huit ans Toi bientôt vingt- trois ans ! Naissances de nos trois garçons Fred, Titi et Taton. André travaille en régions, Nicole veille sur la maison. Le neuf-trois nous quittons En Bretagne nous arrivons.
Les années passent Rien ne nous lasse : Fêtes de famille programmées, Cousinades organisées, Le temps des alliances, Suivies des naissances. Six petits-enfants désirés, Petites merveilles chouchoutées. Des épreuves se succèdent …. Et brisent notre vie de rêves. Je suis seule ces derniers mois Même si je garde en moi Ta façon de me dire, Accompagnée d’un sourire, Mon petit nom « ma pichou » Ta preuve d’amour pour nous.
Nouveau nom de mon mari « Mais c’est pas moi « qu’il me dit Comme un enfant Qui se défend. La voix est convaincante À la limite blessante. Vu qu’il est persuadé De ne pas avoir fauté. Son regard est expressif, Parfois même agressif. Pourquoi ai-je crié ? Tu vas culpabiliser, Autre façon tu choisis, Voire celle de l’ironie. Si ce n’est pas toi, Ça ne peut être que moi ? Un sourire dans ses yeux Te prouve qu’il est heureux. Il te faut surmonter Ton envie de pleurer, Un enfant tu n’as plus Et un mari non plus.
Un beau jour Un beau jour tout va très bien, Puis difficile lendemain. Peut-être trop vite réjoui ? Ou tu n’as pas tout compris ? Important de se rappeler Le bonheur partagé, Et savoir se souvenir Des moments de plaisir. Entre famille et amis Ainsi se dessine la vie. Demain, l’aube se lèvera Un autre jour t’attendra. Quand notre cœur a parlé Apprenons à l’écouter.
Nicole 27 janvier 2024
Encore une nuit courte Quand le sommeil te fuit, Que tu regardes l’heure Oh il n’est que trois heures. Défilent dans ta tête Pas que les jours de fêtes. Les pensées les plus tristes Sont là qui t’envahissent Mais, même dans le noir Tu dois garder l’espoir La vie reprend son cours Et partages ton amour.
Parfois des décisions Vous remettent en question Quand arrive le jour Ou vous pesez le pour, Sans donner de la peine, Sans peur et sans haine. Votre cœur a parlé Alors vous décidez … La seule solution ? Placer en institution Mari ou compagnon. Pas aisé un tel choix, Car avez-vous le droit ? De le laisser partir Finir son avenir Dans un endroit fermé Mais il sera protégé ! Et cela est pour moi, La raison de mon choix.
Si elle est belle la vie ? Je n’ai pas tout compris. Comment dire à quelqu’un Que tu laisses pour son bien Qu’il sera hébergé En un lieu protégé ? Qu’il va faire une pause Pour que tu te reposes. Où trouver les bons mots ? Pas toujours les plus beaux, Mais ceux qui viennent du cœur Ceux qui donnent du bonheur
Une nuit sans sommeil, Mais sont toutes pareilles, Pourtant fatiguée D’une longue journée Qui a commencée Dès six heures levée, Il faut préparer le petit-déjeuner. Aussi, au fil du temps, Tu seras contente D’avoir pu faire Et satisfaire Aux tous premiers soins De ton conjoint. La nuit suivante, La même attente … Au réveil tu diras, Et comment ça va ? Paroles futiles Mais pas inutiles. Peut rien te dire, Pas de souvenir. Même ton prénom Connaît plus le son. La vie se poursuit Sans faire de bruit. Notre peine chassons Le moral gardons.
Nicole – Novembre 2023
Je voudrais bien dormir, Classer mes souvenirs. Les mauvais à chasser Les beaux à garder Pas toujours évident, Car si les bons moments Ont pu me faire rêver Les autres m’ont fait pleurer. De belles journées vécues, Même si certaines perdues. Faut garder en mémoire, Continuer à croire Que la chance m’a sourit Mari, enfants chéris Si de nombreuses années Avec eux partagées Aujourd’hui autre vie Mais elle n’est pas finie Le jour va se lever Et moi l’accompagner.