Mathurin Guillaume BLEUZEN (1898-1978)

Le 26 décembre 1916, à la mairie de Lorient, Mathurin BLEUZEN, prend la décision courageuse de s’engager volontairement pour la durée de la guerre, 5 jours avant ses 18 ans. Deux années auparavant, il avait appris la tragique nouvelle de la disparition au combat de son frère Félix, tombé lors de la bataille de Maissin le 22 août 1914, tué par l’ennemi. Animé par le profond respect qu’il vouait à son aîné, Mathurin nourrissait en lui le désir ardent de rendre justice à son frère bien-aimé.

Mathurin Guillaume BLEUZEN est né au Poulou, à Quimperlé, le 31 décembre 1898, de Guillaume BLEUVEN et Marie Josèphe LE COTONNEC. Ses frère et sœur, Félix (1889) et Marie Louise (1892), conservent le nom de famille familial BLEUVEN, largement reconnu à Bannalec où ils sont nés. Les parents, ayant déménagé à Quimperlé où le patronyme est moins familier, Anna, née en 1893, portera le nom de PLEUVEN. Pour Marie Joséphine (1896), Mathurin (1898), et Émile (1902), le nom est BLEUZEN, un nom de famille plus répandu dans cette commune.

Dès son engagement, sous le matricule n°2556, il se retrouve au front, affecté à la 64e batterie du 111e Régiment d’Artillerie Lourde. Au cours de la guerre, il changera plusieurs fois de régiment, toujours dans l’artillerie lourde. Il ne sera libéré de ses obligations militaires que le 15 avril 1945. Soldat très brave, il sera cité à l’Ordre du 130e Régiment d’Artillerie Lourde. Citation n° 39 du 29 décembre 1918 : « Conducteur dévoué et très brave. Le 18 août 1918, surpris par un violent bombardement pendant un ravitaillement, a donné l’exemple d’un mépris absolu du danger et n’a quitté la position qu’après avoir aidé à relever un cheval qui venait d’être blessé ».

Pour son magnifique parcours de soldat, il fut décoré de La Croix de Guerre avec étoile de bronze, de la Médaille Militaire et de La Croix de Combattant Volontaire.

Au retour de la guerre, il se retire au 12 rue du Couédic chez sa mère, avant d’épouser en juillet 1920 Cécile TANGUY. Ils élevèrent 5 enfants. Mécanicien renommé et apprécié, il vécut des années place Nationale, la place de Gaulle actuelle, à Quimperlé. Il décède à Lorient le 13 octobre 1978.
Fidèle à l’Association quimperloise des « Poilus sans barbe », il participera fidèlement au grand banquet annuel réunissant tous les anciens combattants de la Grande Guerre.